La popularité des Alouettes: est-ce la faute aux médias?
Objectif général
Jusqu’à tout récemment, le football était un sport qui n’intéressait qu’une minorité de la
population. Les médias d’ailleurs en traitaient peu. Mais, depuis peu, les Alouettes de Montréal et, à Québec, le Rouge et Or de Université Laval
suscitent au Québec un engouement peu commun. Pourquoi?
L’objectif de cette fiche est d’amener les élèves à constater que les médias ont une influence sur la population mais qu'il ne sont pas les seuls. La population elle-même influence les médias!
Fiche hebdomadaire:
Petit rappel - Cette activité pourrait ne durer que 10 à 15 minutes en
classe. Si après ces quelques minutes vous sentez que l'intérêt des élèves est au rendez-vous et
que vous avez du temps pour pousser plus loin la réflexion, nous vous offrons quelques pistes de
travail supplémentaires à la fin du document.
Plus de 19 400 spectateurs réunis au Stade Percival
Molson de l'université McGill ont pu apprécier la victoire des Alouettes.
Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Les équipes de sports professionnels sont là pour gagner... la coupe.
Ce qui intéresse particulièrement, l'équipe de l'Actualité en classe, c'est la frénésie entourant les Alouettes et le
battage médiatique qu'a engendré cette victoire. Même la "Une" du Devoir [lundi 20 novembre], qui couvre peu les sports, vantait les
mérites des footballeurs montréalais.
Est-ce le phénomène connu des saucisses Hygrade: plus de gens en mangent parce qu'elles
sont plus fraîches... elles sont plus fraîches parce que plus de gens en mangent?
C’est-à-dire, plus les médias en parlent plus le sport devient populaire...
Nous vous proposons de débattre en classe la question suivante:
Croyez-vous que les médias s’intéressent davantage aux Alouettes à cause du nombre d’amateurs qui ne cesse d’augmenter ou pensez-vous plutôt qu'à l'inverse, le nombre d’amateurs augmente à cause de la couverture des
médias?
Lors du retour des Alouettes à Montréal, la couverture
médiatique n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. Suivant l'intérêt grandissant du public, les médias se sont mis
à couvrir de plus en plus l'événement et ils ont créé un effet boule-de-neige... Encore la saucisse
Hygrade quoi (les savants, eux, parlent de boucle rétroactive.)!
Les médias créent souvent l’événement. Prenons l'exemple de l'histoire récente de madame Sylvie
Bouchard. Renvoyée parce qu'elle était trop grosse, Sylvie Bouchard reprend son
travail, titrait Le Soleil du 20
novembre dernier. Sans la couverture des médias, madame Bouchard serait entrée au travail le lundi
matin sans tambour ni trompette et dans l'anonymat. La médiatisation de cet événement a fait
qu'on en a parlé d'un bout à l'autre du Québec. Est-ce une bonne chose? Ce n'est pas à nous
d'en juger.
Revenons aux Alouettes. Ces derniers pourraient
affirmer que les gens s'intéressent davantage à eux pour diverses raisons:
leur engagement dans la communauté (exemple, le programme Adoptez-un-Alouette);
des tarifs plus accessibles;
les succès de l’équipe sur le terrain;
etc…
La poule (les partisans) ou l'œuf (les journalistes)?
En fait, l'important ce n'est pas tant de trouver lequel vient avant l'autre mais bien de faire comprendre
aux élèves que, tout comme les politiciens, les propriétaires des équipes sportives ont besoin des
médias et que les médias ont aussi besoin des politiciens et des équipes sportives afin de rejoindre les gens. C'est la roue
qui tourne... Au fond, les médias tentent d'offrir à leurs publics cibles des nouvelles qui les intéresseront.