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La violence dans les médias

Information sur la fiche

L'omniprésence de la violence dans les médias nous fait souvent oublier ses effets pernicieux. Le but de cette fiche est d’éveiller les élèves à cette réalité pour qu'ils soient plus conscient de ces effets dans notre société, mais aussi et surtout dans leur vie de tout les jours.



Introduction

La violence dans les médias a-t-elle une influence sur nos comportements? Même si certains le nient encore, de plus en plus de recherches abondent en ce sens. De plus, de nombreux exemples confirment qu'il existe effectivement un lien entre un contenu violent et un comportement à risque. Pensons, par exemple, aux deux jeunes étasuniens de Littleton qui, l'an dernier, se sont rendus à leur école et qui ont tiré, le sourire aux lèvres, sur des élèves et des enseignants de leur école. Ils ont aussi fait exploser des bombes artisanales avant de se donner la mort. Les jeunes, dit-on, étaient fascinés par Adolf Hitler et appartenaient à un groupe d'extrême droite.

La coupable, disent certains chercheurs: la violence dans les médias et dans les jeux vidéos.

Pensons aussi à la série de tentatives de suicides qu’a déclenché l’annonce de la mort de Kurt Cobain, chanteur du groupe musical Grunge Nirvana. Si le suicide de ce chanteur n’avait pas fait autant la manchette des journaux et des médias de tous ordres, ce drame aurait-il fait autant de suicides chez les jeunes?

Il semblerait que l’importance quantitative de contenus violents fait croire, aux jeunes particulièrement, que le monde entier est violent, qu’il est normal que l’on se batte et que l’on tire sur les autres… comme dans les films. Bref, que la vie est ainsi faite.

Pas la peine de chercher bien loin pour comprendre que les médias influencent nos comportements. Sinon, pourquoi donc une compagnie accepterait-elle de consacrer des millions de dollars pour une publicité à la télévision?


Mise en situation

Le but de cette fiche d’activités qui vous est proposée est de faire prendre conscience aux élèves du pouvoir et de la liberté d’action qu’ont les médias dans le choix du traitement de l’information.

Cette fiche d’activités vous proposera de fouiller les contenus médiatiques et d’analyser le traitement qui est fait par les journaux, par la radio et par la télévision de l’information et de la nouvelle à connotation violente.

Les journaux, par exemple, ont tous leur façon bien à eux de présenter la nouvelle.

Certains d’entre eux vont décider d’accorder beaucoup d’importance à la violence et au sensasionnalisme. D’autres y accorderont beaucoup moins d'importance et, plutôt que de consacrer leurs pages principales au contenu violent, se contenteront de relater les faits des principales nouvelles.


Les activités

Trois courtes activités vous sont proposées. Selon le temps dont vous disposez, vous avez le loisir de réaliser les trois activités ou de choisir celle que vous préférez, puisqu’elle sont indépendantes les unes des autres.


Activité #1

Repérer la violence dans les journaux

Observer et comparer les contenus de deux journaux: le format

Divisez le groupe en deux ou plusieurs équipes et remettez à chacun d’eux une parution de deux journaux différents (datés du même jour).

Invitez vos élèves à repérer les articles de journaux qui contiennent de la violence. (meurtre, viol, guerre, altercations, conflits de clans, violence conjugale, etc.)

Questions à poser aux élèves

Comment ont-ils reconnu le contenu violent (photos, titre, sur titre, mots, bas de vignette, etc.)?

Demandez aux élèves de noter les mots à connotation violente.


Activité #2

Le traitement de la violence dans les journaux

Repérez une ou plusieurs nouvelles traitées à la fois dans un tabloïd et dans un grand format et amenez vos élèves à comparer la différence de traitement journalistique.

Amenez les élèves à remarquer les caractéristiques suivantes:

Certaines de ces nouvelles à sensation occuperont la une d’un journal alors Qu’elles seront placées à l’intérieur des pages secondaires dans l’autre.

Les titres seront différents.

Les photos auront plus d’importance dans un journal que dans l’autre (à la une, de plus grand format, en couleur. en plus grande quantité).

Les articles seront plus longs.

Plusieurs articles seront consacrés au même événement dans une même parution (l’événement comme tel, la réaction des victimes, l’histoire de la personne en cause, les témoignages, etc.).


Activité #3

Les mots y sont pour quelque chose…

Un journaliste créera également la nouvelle sensationnelle par le vocabulaire qu’il choisira d’employer. Il est donc possible, par le choix des mots, de rendre un événement encore plus dramatique…

Choisir un court fait divers traitant d’un événement violent. Demandez aux élèves de réécrire l’article en éliminant les mots qui qualifient l’événement.

Dans un deuxième temps, demandez leur de remplacer les mots à connotation violente par des mots plus neutres.

Comparez ensuite les textes écrits par les élèves à ceux des journaux.


Pour aller plus loin…

Un peu d’espoir

Ce phénomène de la violence dans les médias que nous venons de soulever peut sembler bien noir. Mais, gardons bien en mémoire que tout n’est pas perdu: des efforts ont été faits pour réglementer la violence dans les médias.

Vous souvenez-vous de Virginie Larivière? Nous avons tous eu l’occasion, à un moment ou à un autre, d’entendre l1intervention de cette adolescente à la radio, à la télévision ou dans les journaux.

Si cela n’est pas votre cas et que vous n’avez jamais entendu parler de cette jeune femme, laissez-nous vous rappeler son histoire.

En 1992, Virginie Larivière avait 13 ans lorsque sa soeur, Marie-Ève, a été violée puis assassinée. Ce drame a changé la vie de Virginie, profondément affectée par la mort de sa soeur.

Et c’est en regardant la télé, en lisant les journaux, bref en consultant les médias qui l’entourent qu’elle a pris conscience de toute cette violence qu’on y véhicule. Convaincue que les émissions violentes ont été un facteur déterminant dans le viol et l'assassinat de sa jeune soeur, Virginie Larivière a entrepris une véritable croisade auprès du gouvernement, réclamant l'adoption d'une loi interdisant toute violence gratuite à la télévision.

Pour augmenter ses chances d’obtenir gain de cause, Virginie Larivière s’est rendue rencontrer le premier ministre du Canada appuyée d’une pétition de 1,3 million de signatures.

Les efforts de Virginie n’ont pas été vains, car, depuis, le gouvernement canadien a adopté une série de règlements destinés à limiter la violence dans les médias.

Elle a aussi réussi à sensibiliser et à convaincre!

Débat à faire en classe

Connaissez-vous Virginie Larivière?

Avez-vous entendu parler de sa croisade pour freiner la violence dans les médias?

Croyez-vous que Virginie avait raison?

Êtes-vous d’accord avec ce qu’elle a fait?

La violence dans les médias est-elle toujours présente?

Croyez-vous qu’il y a un lien entre la violence dans les médias et le comportement des gens?

Que faire?


Historique des règlements relatifs aux émissions télévisées

Chronologie des mesures prises pour contrer la violence dans les médias

La violence à la télévision. Réagissons!

L'impact de la télévision sur les enfants

Résultats de recherches sur la télévision

Virginie Larivière ne renie pas sa croisade, mais…


Liens Littleton

Littleton: Éric à d'abord envisagé de prendre un avion en otage et de s'écraser sur Denver. Trop compliqué!

Littleton: nos libertés à la merci des fous et des criminels

Les tueurs fous de Littleton

Les vrais coupables de Littleton