Les Jeux Olympiques: bon pour les athlètes ou pour les médias?
Objectif général
L'objectif de cette fiche est d'éveiller les élèves aux impératifs du monde des médias et
à l'importance de la commandite dans la société.
Note:
Petit rappel - Cette activité pourrait ne durer que 10 à 15 minutes en classe. Si après ces quelques minutes vous sentez que c'est suffisant, vous arrêtez là. Si par contre, vous sentez que l'intérêt des élèves est au rendez-vous et que vous avez du temps pour pousser plus loin la réflexion, nous vous offrirons quelques pistes de travail.
Les Jeux Olympiques du millénaire ont pris fin dimanche dernier, ils ont fait et font encore la «Une» des journaux et de la télévision. Partout, on parle des performances des athlètes et des médailles accumulées. On dresse une foule de statistiques des records battus, du nombre de médailles par pays, du nombre de spectateurs.
Les médias font également mention des nombreux cas de dopage. Des doutes planent aussi au sujet de la démission de
certains athlètes qui disent avoir mal… au genou par exemple. Préféreraient-ils
quitter la compétition pour éviter de se soumettre à un test qui décèlerait la
présence d’une substance illicite?
On sait que le dopage est un problème majeur depuis plusieurs années. Cette
situation que vivent les athlètes olympiques peut être abordée de plusieurs point
de vue. Nous vous en proposons un qui vous permettra notamment d’explorer le
monde de la commandite au sein des Jeux Olympiques, qui lie à la fois la
problématique du financement et des médias.
Le choix de recourir au dopage est-il un choix personnel ou collectif?
D’abord, un peu d’histoire…
Les jeux de l'Antiquité auraient débuté en 776 av JC sur le site d'Olympie (en
l'honneur de Zeus) en Grèce. Les jeux se déroulaient tous les quatre ans et la
durée écoulée entre deux manifestations s'appelait une olympiade. Le site à
l'époque comprenait un stade, des lieux de combats, des constructions où les
athlètes pouvaient se détendre et fêter leurs victoires. Le gymnase était un lieu
où ils s'entraînaient et se préparaient.
Au début, les jeux ne prévoyaient que la course du stade (environ 200 m) puis ils
évoluèrent. Le pentathlon prévoyait cinq épreuves: le saut en longueur, le lancer
du disque, le lancer du javelot, la course du stade et la lutte.
Vers la fin du 4ème siècle les jeux vont disparaître et Olympie, pillée et
dévastée, tombera dans l'oubli pour ne ressurgir qu'au cours du 19ème siècle
alors que se développent les sciences archéologiques.
Les jeux modernes:
À l'initiative du Baron Pierre de Coubertin, les jeux ont trouvé un
nouveau souffle en 1896 à Athènes; le Baron pensait que ces rencontres de tous les peuples favoriseraient l'amitié entre les races. Encouragé par cet idéal d’«un esprit sain dans un corps sain» son désir était de réunir tous les amoureux du sport du monde et d’en faire un lieu commun, une valeur commune à toutes les nations.
À votre avis, le Baron Pierre de Coubertin a-t-il gagné son pari? Pourquoi?
Lorsque pour parvenir à une performance maximale on doit recourir au dopage,
peut-on encore parler d’«esprit sain dans un corps sain»?
Si un athlète décide de ne pas recourir au dopage, croyez-vous qu’il peut
concurrencer un autre athlète dopé?
Croyez-vous que seuls les athlètes qui ont recours au dopage peuvent gagner?
Que faire…?
Que pensez-vous de Inger Miller qui s’est retirée de la compétition? Celle qui
devait être la grande rivale de Jones a affirmé être malade.
Les compagnies investissent dans la commandite d’un athlète pour en retirer une
certaine visibilité. De plus, parce qu'elles sont associées à un athlète, elles
ont de meilleures chances d’être connues et perçues comme étant de «bonnes»
compagnies.
Plus l'athlète est connu, plus la compagnie-commanditaire en retire des avantages
publicitaires et plus l’athlète lui-même en retire des revenus importants. Un
athlète commandité est un véhicule publicitaire comme un panneau réclame sur les
bords de la rue, comme une annonce à la radio, à la télé, dans des journaux ou
des revues.
Peut-on faire un lien entre la commandite et le dopage?
Quelle est la différence entre un athlète et un panneau publicitaire?
D’une part, plus on est performant plus on peut avoir accès à la commandite…
Mais «performer» c’est aussi dépasser les autres. Et si tous les autres ont
recours au dopage, comment faire pour se qualifier? À lire: L'actualité 1er septembre 2000.
«Du dopage et des jeux»
D’autre part, un athlète qui échoue les tests anti-dopage perd non seulement sa
crédibilité, mais il remet en cause celle de la compagnie qui le commandite.
Une compagnie commanditaire d’un athlète qui échoue les tests anti-dopage
n’apprécie guère de voir son protégé perdre sa crédibilité, car c’est sa propre
crédibilité qui peut en souffrir.
Devrions-nous tirer la conclusion qu’il faut se doper sans se faire prendre?!
Drôles de valeurs véhiculées par les organisations entourant les Jeux Olympiques,
notamment le CIO…
Deux volets caractérisent les médias: celui de l’information et celui de la
publicité. Nous n’avons qu’à écouter une émission portant sur les jeux olympiques
pour remarquer l’importance de la publicité. La commandite comme telle est proche
parente de celle-ci.
Autant la publicité que la commandite sont des moyens très importants de
financement des jeux et des athlètes eux-mêmes. Il n’est pas surprenant dès lors
de voir des athlètes se soumettre aux impératifs des commanditaires et des
publicitaires et chercher aussi à se vendre.
Question-débat
Cette dynamique ne nous éloigne-t-elle pas de l’idéal du Baron Pierre de
Coubertin?
Nous avons dressé une courte liste d’athlètes canadiens et d’autres pays.
Demandez aux élèves de fouiller les journaux et d’identifier le ou les
commanditaires de chacun d’entre eux.
N’est pas l’hôte des Jeux qui veut. Un pays qui veut recevoir les Jeux Olympiques
se doit, encore une fois, d’avoir les fonds nécessaires pour en implanter les
infrastructures et en assurer le bon déroulement. Mentionnons que l’organisation
des Jeux Olympiques constitue l’événement le plus médiatisé du monde.
Nous vous proposons de faire une recherche et de dresser une liste des pays qui
ont accueilli les JO depuis le début du siècle. Rapidement, les élèves
réaliseront que certains pays seront listés plusieurs fois, tandis que
d’autres… La réponse…
À la suite de cette activité, vous pourriez demander aux élèves de faire le
décompte approximatif du nombre de pays dans le monde?
Un débat pourrait suivre cet exercice:
Combien de pays ont eu la chance d’accueillir les JO? Pourquoi ces pays?
Les Jeux Olympiques de Sydney se déroulent du vendredi 15 septembre au dimanche
1er octobre 2000.
10 200 athlètes et 5 100 officiels y participent — ce sont les plus grands Jeux
de l'histoire olympique.
12 000 représentants des médias sont accrédités. À la fin des jeux, il y aura eu
3 200 heures de retransmission en direct et chaque épreuve aura été enregistrée.
Le nombre de téléspectateurs dans le monde s'élèvera à 3,5 milliards.
Les mascottes des Jeux de Sydney sont Syd l'ornithorynque, Millie l'échidné et
Olly le martin-chasseur.
Le Stade olympique, dans le Parc olympique de Sydney, accueille 110,000
spectateurs, ce qui en fait le plus grand stade de l'histoire olympique.
Les préparatifs d'un événement de l'ampleur des Jeux olympiques s'étalent, pour
la presse, sur plusieurs années. Pour faire face aux demandes de renseignements
formulées en nombre toujours plus grand par la presse, le CIO a créé une
commission spécialisée chargée de donner des conseils et de faire bénéficier les
comités d'organisation de son expérience des rapports avec les médias.
La Commission de presse s'occupe des questions relatives à la presse écrite et
photographique ainsi qu'aux autres médias, tandis que la Commission de radio et
de télévision contrôle l'application des contrats exclusifs négociés sur le plan
mondial avec les compagnies de radio et de télévision pour la couverture des
Jeux. À l'heure où les techniques évoluent si rapidement, les Jeux olympiques
sont le miroir des technologies les plus récentes et les plus pointues. Pourtant,
ils ne servent jamais à tester en direct les nouvelles technologies, puisque les
reportages (que ce soit sous forme de textes, d'images ou de sons), doivent
impérativement parvenir à toutes les régions du monde.
Le CIO a choisi plusieurs nouvelles applications dont doivent profiter les
représentants des médias du monde entier. Citons entre autres la télévision à
haute définition qui permet de transmettre des images avec une fidélité
extraordinaire, le son numérique qui permet une reproduction presque parfaite des
sons, la photographie numérique qui crée des images sans recours au support film,
la transmission immédiate de texte, via les réseaux informatiques mondiaux et la
transmission quasi instantanée dans le monde entier de texte, de son, d'images et
de données par les satellites de télécommunication.
Le CIO possède son propre système de traitement de données fondé sur un
environnement IBM AS400 qui lui permet de collecter, de traiter et d'archiver
toutes les informations nécessaires pour consigner dans les moindres détails
l'évolution du mouvement olympique. Ces informations peuvent être transmises sur
n'importe quel support - texte, images ou son. Ces renseignements sont à la
disposition d'un grand nombre d'utilisateurs: journalistes, agences de presse,
compagnies de télévision, chercheurs et grand public. Le système du CIO est en
communication permanente avec les agences de presse internationales, ce qui
permet au Comité d'opérer un choix sur plus de 4 000 dépêches à thème olympique à
partir desquelles il constitue ensuite sa revue de presse quotidienne.