L'objectif de cette fiche est de sensibiliser les élèves à
l'incidence de la propriété des médias sur leur contenu.
Avec ce nouveau format de fiche, nous souhaitons que l'intégration en classe de
l'activité soit plus simple. Cette activité pourrait ne durer que 10 à 15 minutes en
classe. Si après ces quelques minutes vous sentez que c'est suffisant, vous arrêtez là. Si
par contre, vous sentez que l'intérêt des élèves est au rendez-vous et que vous avez du
temps pour pousser plus loin la réflexion, nous vous offrirons quelques pistes de travail.
Beaucoup de gens croient que les médias sont uniquement des moyens de divertissement
et d'information, et que l'accessibilité des médias est simplement l'un des privilèges que
nous offre la culture technologique. Mais ce n'est pas si simple que cela. L'affaire
Quebecor-Vidéotron-Rogers nous le démontre.
Les industries des médias brassent des milliards de dollars et emploient des milliers
de personnes, depuis le chanteur et ses musiciens, ceux qui fabriquent ses disques, les
commercialisent et les vendent; depuis le journaliste qui écrit un article aux techniciens
de l'imprimerie; depuis la comédienne d'un téléroman, à l'auteur, aux équipes techniques
et à ceux qui produisent les annonces publicitaires, etc.
Les médias sont de véritables industries qui génèrent des sommes d'argent
considérables. En prenant conscience de cet aspect, cela devrait aider à "décoder" les
médias et permettre de questionner les valeurs ou les messages qu'ils véhiculent.
Le 7 février dernier, on annonçait en grande pompe que Rogers Corporation, l'empire
ontarien d'Edwards Rogers, faisait une offre d'achat pour acquérir Vidéotron, une très
grande entreprise québécoise, propriété de la famille Chagnon. Les jeux semblaient être
fait... Dès ce moment, la Caisse de dépôt et de placement du Québec, actionnaire
minoritaire de Vidéotron, émettait pourtant des réserves.
Coup de théâtre, vendredi dernier, Quebecor inc, la Caisse de dépôt et de placement du
Québec (par sa filiale Capital Communication inc.) formulait une offre alternative à celle
de Rogers Corporation.
Le portail Canoë nous offre un survol
intéressant de la situation avec une synthèse de l'histoire (noter que l'article
provient de l'Agence de presse Reuters);
Dans le Journal de Québec du 27 mars 2000
(version papier et Internet), Jean-Phillippe Décarie nous propose, avec son article Les
Chagnon mécontents, d'analyser les motivations de chacun des parties dans cette
affaire.
Les sites des entreprises concernées - Quebecor
Inc., Vidéotron et Rogers Communication Inc. - sont aussi de précieuses
sources d'informations, notamment en ce qui a trait à la propriété de nombreux médias
(imprimés, radios et télés);
possède les sites portails Canoë, parmi les plus importants au Canada;
possède les journaux du groupe Sun dont font partie le Journal de Québec et le
Journal de Montréal, quotidien à plus fort tirage au Québec;
possède le réseau TQS;
a une participation de 58% dans le Groupe Informission inc., spécialiste des solutions
techniques pour le Web; à
a une participation dans le plus important éditeur de livres
et de cédéroms en français au Québec, de magazines et de journaux spécialisés comme Échos
Vedettes, ICI, Décoration, Filles d'aujourd'hui, etc.;
fait d'importants investissements dans la vente au détail de musique et de livre du Groupe Archambault.
Vidéotron est une vaste entreprise qui :
possède TVA, le plus important télédiffuseur privé de langue française au Canada;
a une participation dans l'éditeur Internet Netgraphe;
a un important réseau de câbles et de fibres optiques qui permet de rejoindre presque tous les foyers québécois directement pour y acheminer des contenus d'information et de
divertissement.
Question 2
Les élèves mentionneront sans doute les stations de télévisions TVA et TQS, le Journal
de Québec et plusieurs magazines... ont peut aussi attirer leur attention sur le fait que
ce sont des empires qui s'étendent jusque dans leur classe... À titre d'exemple, Quebecor
estpropriétaire de certains éditeurs scolaires, comme CEC.
Question 3
Par exemple, ses journaux et les télé-horaires (TvHebdo entre autres) qui
appartiennent à la même entreprise que la chaîne de télévision TQS (et éventuellement
aussi, TVA) peuvent hésiter à critiquer les émissions et les commanditaires de cette
chaîne; ou encore n'entretenir principalement leurs lecteurs que des chanteurs et
chanteuses dont l'entreprise fait la promotion. Ses journaux, ses magazines et ses chaînes
de télévision peuvent avoir tendance à nous vanter beaucoup les mérites des produits de
son entreprise; ce qui a pour effet possible la diminution de notre accès à une plus
grande diversité d'informations de tout ordre. Quelle crédibilité peuvent avoir les
informations qu'ils nous donnent sur leurs produits, s'ils sont en même temps ceux qui les
produisent ?
Question 4
a) toujours poser les questions de la grille de lecture;
b) s'efforcer de trouver au moins une autre information sur le même sujet qui est
produite par une autre entreprise.